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🎂 IL Y A 39 ANS : LA RETRAITE A 60 ANS POUR TOUTES ET TOUS

avril 1, 2022

Depuis, les riches veulent sans cesse allonger le temps passé à trimer


Le 1er avril 1983, il y a 39 ans, entrait en vigueur l’ordonnance Auroux qui instaurait la retraite Ă  60 ans, avec 37,5 annĂ©es de cotisations. Cette conquĂŞte n’a fait que reculer ces dernières annĂ©es. Aujourd’hui le bloc bourgeois, dans son apparente diversitĂ©, a dĂ©cidĂ© de s’attaquer en chĹ“ur au rĂ©gime des retraites. 64 ans, 65 ans, et mĂŞme 67 pour les plus audacieux – Édouard Philippe on t’oublie pas –, le personnel politique au service du capital fait de l’allongement de la durĂ©e de l’emploi l’un de ses cheval de bataille.

Si la pĂ©riode actuelle laisse peu de place aux thĂ©matiques sociales dans la campagne il est important de rappeler que le mouvement pour l’Ă©mancipation des classes populaires passe par la libĂ©ration du temps des travailleurs et des travailleuses du joug de la productivitĂ© capitaliste. Quand on sait que le quart des plus pauvres sera mort avant d’avoir atteint l’âge de 62 et que treize ans sĂ©parent l’espĂ©rance de vie entre les plus riches et les plus modestes, les propositions de maintenir toujours davantage les gens dans la dĂ©pendance au marchĂ© de l’emploi est tout simplement une attaque de classe.

Cela apparaĂ®t d’autant plus clairement que le conseil d’orientation pour les retraites se veut particulièrement optimiste. On peut notamment souligner que la grande caisse du privĂ© a enregistrĂ© un excĂ©dent de 2,6 milliards d’euro pour l’annĂ©e 2021. Le conseil a Ă©galement publiĂ© un note prĂ©cisant qu’une mesure visant Ă  repousser de deux ans l’âge de dĂ©part Ă  la retrait entraĂ®nerait un accroissement de plus de 3 milliards d’euro des diffĂ©rentes prestations sociales. Il n’y a pas de dĂ©ficit, aucune urgence Ă  privatiser les retraites ni Ă  allonger la durĂ©e de travail.

Loin des rhĂ©toriques du pragmatisme et de la bonne gestion avancĂ©es par ceux qui veulent nous faire travailler toujours plus, ces programmes sont au contraire idĂ©ologiques : ils s’inscrivent dans l’agenda de la contre-rĂ©volution nĂ©olibĂ©rale qui, depuis plus de quarante ans, attaque toutes les formes de protection dont nous nous Ă©tions dotĂ©-es. Face Ă  ce dĂ©ferlement en faveur du capital nous devons assumer, au contraire, de vouloir toujours plus nous libĂ©rer du marchĂ© de l’emploi et de ses mĂ©faits. Ce sont les cotisations patronales qu’il faut accroĂ®tre et non l’âge de dĂ©part Ă  la retraite qu’il faut repousser, n’en dĂ©plaise aux actionnaires !