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đź’Ą UN POINT SUR LES LUTTES SOCIALES EN LOIRE-ATLANTIQUE

février 8, 2022

Grève reconductible chez Tipiak : «Nos produits sont à croquer, nos salaires sont à gerber».

En ce moment en Loire-Atlantique, les ouvriers et ouvrières du groupe agroalimentaire Tipiak se battent pour un meilleur salaire. La direction proposait une hausse de 1,8% de leur rĂ©munĂ©ration. Une «offre» que les travailleurs et travailleuses du groupe ont refusĂ© net tellement celle-ci rĂ©sonnait comme un crachat au visage. C’est dans la zone aĂ©roportuaire en pĂ©riphĂ©rie de Nantes que la grève a dĂ©marrĂ©, dans l’entrepĂ´t de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, depuis le 26 janvier 2022. Rapidement d’autres sites ont Ă©tĂ© mis Ă  l’arrĂŞt. Saint-Herblain, Pontchâteau, Malville : la grève a essaimĂ© comme une traĂ®nĂ©e de poudre. La production du groupe est paralysĂ©e. Et la bataille ne fait que commencer.

Les salariĂ©-es majoritairement prĂ©carisĂ©-es sont en grève reconductible. Ă€ Saint-Aignan, on compte jusqu’Ă  90% de grĂ©vistes. Le dĂ©lĂ©guĂ© CGT du site explique : «Quand on voit ce que nos actionnaires et nos dirigeants se mettent dans les poches depuis deux ans, il y a un moment il faut dire stop. Encore cette annĂ©e, sur le groupe, c’est plus 6% de chiffre d’affaire. C’est la première fois de l’histoire du groupe qu’on dĂ©passe les 200 millions d’euros de chiffre d’affaire, donc oui, il y a largement de quoi donner aux ouvriers. C’est lĂ©gitime par rapport aux efforts qui ont Ă©tĂ© faits ces deux dernières annĂ©es».

Des bĂ©nĂ©fices records pendant que les 1300 salariĂ©-es du groupe se serrent la ceinture. Aujourd’hui les nĂ©gociations sont au point mort, ce qui n’entame pas la dĂ©termination des grĂ©vistes. Bien au contraire, le bras de fer est parti pour durer.

Dans une pĂ©riode d’explosion des prix gĂ©nĂ©ralisĂ©e, après deux annĂ©es durant lesquelles les riches se sont gavĂ©s sur le dos de la crise sanitaire, la grève doit ĂŞtre un outil de lutte salutaire pour faire rompre les patrons. Multiplions-les partout.

Parce que tout travail mérite salaire !

Plus Ă  l’Ouest, sur le bassin de l’estuaire Ă  quelques kilomètres de Saint-Nazaire, une autre lutte pour les salaires se joue. Cette fois-ci c’est Ă  la raffinerie de Donges, propriĂ©tĂ© du groupe Total que se dĂ©roule la contestation. Les travailleurs de l’entreprise CIPA sont en grève depuis le 31 janvier. Depuis plusieurs mois, ces ouvriers Ă©trangers ne sont plus payĂ©s. En clair, ils travaillent gratuitement. Exploitation et spoliation Ă  l’Ă©tat brut. Ils viennent de Roumanie mais aussi d’Italie et effectuent pourtant des travaux de terrassement de la nouvelle unitĂ© de dĂ©sulfuration Ă  la raffinerie de Donges pour une entreprise sous-traitante de Total, la sociĂ©tĂ© Kinetics Technology.

Les travailleurs Ă©trangers sont fortement mobilisĂ©s. Piquet de grève et envahissement des sièges de la CIPA et TOTAL font partie des modes d’action. Le 2 fĂ©vrier, 60 ouvriers en grève ont envahi le siège de la direction de TOTAL ÉNERGIES en compagnie de leurs camarades syndicalistes. La section CGT de la raffinerie apporte son soutien logistique et matĂ©riel aux grĂ©vistes. La solidaritĂ© de la classe ouvrière internationale en acte. Les revendications sont limpides : paiement des jours travaillĂ©s, du retour au pays et des frais de vie sur place. L’exploitation et le vol du groupe TOTAL et de ses sous-traitants sont injustifiables. Ce 8 fĂ©vrier, les grĂ©vistes ont obtenu des garanties de recevoir leurs salaires de dĂ©cembre et janvier. De haute lutte. Ils ont levĂ© le piquet de grève.

Le patronat ne comprend qu’un langage : celui de la grève et du sabotage. Soutien aux travailleurs et travailleuses en lutte.