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💰 CABINETS PRIVÉS : CORRUPTION GÉNÉRALISÉE

mars 24, 2022

On vous rĂ©sume l’embrouille


L’affaire des cabinets privĂ©s est un scandale d’État. Dans un rĂ©gime normal, ce sujet devrait hanter le gouvernement Macron. Le prĂ©sident ne devrait pas pouvoir prononcer le moindre discours ni mener campagne sans ĂŞtre questionnĂ© sans relâche sur ce pillage Ă  grande Ă©chelle. Quelques rappels factuels pour bien comprendre la gravitĂ© du phĂ©nomène :

đź”´ ARGENT MAGIQUE

L’État français a dĂ©pensĂ© 2,4 milliards d’euros de dĂ©penses en cabinets de conseil depuis 2018. 2,4 milliards. Plus d’un milliard rien qu’en 2021. L’Ă©quivalent de plusieurs CHU flambant neufs. L’Ă©quivalent de dizaines de milliers de postes d’enseignants ou de soignants. Par exemple. Cette Ă©norme somme aurait servi Ă  du «conseil informatique, de l’audit» ou la rĂ©daction de «rapports»… Autant de choses qui peuvent ĂŞtre faites au sein mĂŞme de l’administration publique, mais dont on a chargĂ© des entreprises privĂ©es. Pour la moindre question sociale ou politique, le gouvernement Macron a arrosĂ© des cabinets privĂ©s, souvent amĂ©ricains, avec des sommes astronomiques. Pour prĂ©parer la «rĂ©forme» des retraites ? 600 000 euros au cabinet Roland Berger. RĂ©former la «Caisse nationale d’assurance vieillesse» ? 1 million d’euros au cabinet McKinsey. Organiser un «baromètre de l’action publique» ? Plus de 3 millions d’euros pour l’entreprise Capgemini. Une «stratĂ©gie de santé» ? 1,1 million d’euros pour McKinsey.

🔴 DÉMOLITION

Ces commandes ne sont pas seulement coĂ»teuses et inutiles, elles sont nocives. Ces cabinets sont chargĂ©s de rendre des «rapports» qui donnent des recettes ultra-libĂ©rales et destructrices. L’argent public finance des entreprises privĂ©es chargĂ©es de dĂ©molir le service public ! Autre exemple quand, en 2018, le gouvernement dĂ©cide de retirer 5€ d’APL aux plus prĂ©caires : le gouvernement a donnĂ© 4 millions d’euros d’argent public pour payer une sociĂ©tĂ© privĂ©e qui n’a mĂŞme pas Ă©tĂ© capable de rĂ©gler les problèmes informatiques liĂ©s Ă  cette rĂ©forme. Inutile, nocif, coĂ»teux, incompĂ©tent. Alors quel est le but ?

đź”´ CONFLIT D’INTÉRĂŠT

En fait Macron arrose ses copains avec les caisses de l’État. Par exemple, le Directeur GĂ©nĂ©ral de «La RĂ©publique en Marche» s’appelle Paul Midy. Et, surprise, il a travaillĂ© pour le cabinet de conseil McKinsey pendant sept ans, de 2007 Ă  2014. Il y Ă©tait notamment chargĂ© de la «conduite de la rĂ©forme de l’État». Et c’est justement ce cabinet amĂ©ricain qui est particulièrement gâtĂ©. Il a ramassĂ© des millions de commandes publiques. Le directeur associĂ© du cabinet est Karim Tadjeddine. C’est carrĂ©ment un proche de Macron : il a siĂ©gĂ© avec lui Ă  la commission Attali durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Il a Ă©crit avec Macron un livre intitulĂ© «L’État en mode start up» en 2016. Tadjeddine a mĂŞme travaillĂ© pour la campagne de Macron avec d’autres consultants de McKinsey. ZĂ©ro limite.

RĂ©sultat : la France a Ă©tĂ© gouvernĂ©e, de fait, non par des gens Ă©lus mais par ce cabinet privĂ©. C’est McKinsey qui a orientĂ© les grandes dĂ©cisions sanitaires pendant le covid : on se souviendra des brillantes dĂ©cisions autour de la stratĂ©gie vaccinale ou du Pass Sanitaire. Un autre responsable de McKinsey en France se nomme Victor Fabius. C’est le fils de l’ancien Ministre Laurent Fabius, qui est aujourd’hui Ă  la tĂŞte du Conseil Constitutionnel. Pour se reprĂ©senter l’ampleur du dĂ©lire : le cabinet du fils, McKinsey rĂ©dige un rapport prĂ©conisant le Pass Vaccinal, mesure qui est ensuite validĂ©e par son propre papa au Conseil Constitutionnel. C’est un coup d’État.

🔴 DES POWER POINT QUI COÛTENT DES MILLIONS

Souvent, il ne s’agit «que» de dilapider de l’argent dans le vide. Une sĂ©natrice qui a menĂ© la commission d’enquĂŞte sur le sujet explique que «le cabinet McKinsey a fait des copier/coller de documents qu’ils remettaient Ă  d’autres pays que la France, comme en Australie (…) Ils changeaient simplement les chiffres». Autre exemple, le cabinet a touchĂ© près de 500 000 euros pour prĂ©parer un sĂ©minaire «sur l’Ă©ducation». Lors de la commission d’enquĂŞte, le directeur associĂ© Karim Tadjeddine n’Ă©tait mĂŞme pas capable de dire aux sĂ©nateurs en quoi consistait le rapport. Il s’est mis Ă  bĂ©gayer comme un Ă©lève qui n’a pas prĂ©parĂ© son exposĂ©, articulant pĂ©niblement une phrase : son entreprise aurait «rĂ©flĂ©chi aux grandes tendances des Ă©volutions du secteur de l’enseignement».

🔴 ÉVASION FISCALE

Cerise sur le gâteau dans ce pillage gĂ©nĂ©ral, McKinsey fait de l’Ă©vasion fiscale. L’entreprise n’a pas payĂ© d’impĂ´ts en France depuis 10 ans. Le siège social de McKinsey est basĂ© dans l’État du Delaware, aux Etats-Unis. Un paradis fiscal. La sociĂ©tĂ© est donc situĂ©e bien loin de ses bureaux parisiens sur les Champs-ÉlysĂ©es. Elle a placĂ© une simple boite aux lettres dans cet État amĂ©ricain, sans y exercer d’activitĂ© rĂ©elle, et se trouve ainsi dispensĂ©e d’impĂ´t sur les bĂ©nĂ©fices.

Concrètement : 329 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel pour McKinsey et 0 euro d’impôt payés. À lui seul l’État français a passé un contrat de 17 millions avec cette entreprise en ignorant son statut fiscal ? Impossible.

Le prĂ©sident de la rigueur, celui qui a supprimĂ© des profs et des lits d’hĂ´pitaux pour faire des «économies», celui qui parle de «dette», celui qui baisse les minimas sociaux, Macron, aura distribuĂ© des milliards – oui, des milliers de millions d’euros ! – Ă  ses copains pour faire des Power Point minables destinĂ©s Ă  justifier sa politique nĂ©olibĂ©rale. Et cette bande de voleurs a poussĂ© le vice jusqu’Ă  frauder fiscalement. Le casse du siècle en forme de gros crachat au visage du petit peuple. Les scandales de ces dernières annĂ©es, Fillon, GuĂ©ant ou autre sont de petites bĂŞtises anodines Ă  cĂ´tĂ© d’une escroquerie aussi Ă©norme. De tels pillards seront-ils vraiment rĂ©Ă©lus ?