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đź’¸ LE SAVIEZ VOUS ? 160 MILLIARDS D’EUROS PAR AN POUR DES CABINETS PRIVES

février 9, 2022

Le SĂ©nat a lancĂ© une «commission d’enquĂŞte sur l’influence croissante des cabinets de conseil au sein de l’État». L’occasion, pour les sĂ©nateurs, d’auditionner des experts de ces questions, des Ă©lus, des associations, mais aussi des reprĂ©sentants de cabinets privĂ©s.

Cette commission rĂ©vèle une privatisation de fond de l’appareil d’État dans son ensemble, avec un recours gĂ©nĂ©ralisĂ© Ă  «l’externalisation privĂ©e». En clair : on arrose des entreprises privĂ©es avec de l’argent public pour effectuer, cher et mal, des missions qui auraient pu ĂŞtre rĂ©alisĂ©es par le public. Par exemple, la gestion de la crise sanitaire et de la vaccination confiĂ©e Ă  l’entreprise amĂ©ricaine McKinsey, la prise de rendez-vous pour les piqĂ»res par Doctolib, les donnĂ©es de santĂ© hĂ©bergĂ©es par Microsoft, des vigiles privĂ©s pour contrĂ´ler les Pass dans les hĂ´pitaux, la communication d’un service public confiĂ©e Ă  un cabinet privé…

L’externalisation reprĂ©sente aujourd’hui plus de 160 milliards d’euros. C’est l’équivalent du quart du budget de l’État ! Autant dire que ces sommes colossales versĂ©es Ă  des cabinets comme Mac Kinsey reprĂ©sentent beaucoup plus que ce qu’il faudrait pour garantir des retraites dĂ©centes pour toustes, un vrai accès Ă  la santĂ© et Ă  l’Ă©ducation gratuites, entre autre choses.

Alors pourquoi engloutir des sommes aussi astronomiques pour des cabinets privĂ©s ? Parce que c’est obligatoire ! Le collectif «Nos services publics», composĂ© d’agents de l’État, alerte sur ce phĂ©nomène : quand l’État donne un budget Ă  une collectivitĂ© ou un service public, il ne l’autorise pas Ă  dĂ©penser comme il le souhaite : «Nous avons frĂ©quemment l’interdiction de recruter», car l’État «plafonne» le budget destinĂ© au public et en rĂ©serve Ă  des cabinets privĂ©s. «C’est un constat clef de notre pratique de l’État : le recours Ă  l’externalisation est plus souvent une contrainte qu’un choix stratĂ©gique. Il est plus facile d’externaliser que de recruter un fonctionnaire, mĂŞme si cela coĂ»te plus cher.»

RĂ©sultat : le service public est « sous-traité » au privĂ© partout. Et tout ça pour des rĂ©sultats catastrophiques. Un responsable de McKinsey expliquait par exemple devant la commission du SĂ©nat qu’il avait facturĂ© plus de 500 000€ Ă  l’État pour prĂ©parer un sĂ©minaire sur «les Ă©volutions du marchĂ© de l’enseignant», oubliant que dans notre pays l’Ă©ducation n’est pas sensĂ©e ĂŞtre un marchĂ©. Sans ĂŞtre simplement capable d’expliquer aux Ă©lus ce que contenait le rapport qu’il Ă©tait sensĂ© avoir rĂ©digĂ© Ă  ce prix ! Sous prĂ©texte de «maĂ®trise de budget» et de «rĂ©duction des dĂ©penses», c’est exactement l’inverse qui se produit : l’argent public coule Ă  foison pour des consultants privĂ©s totalement incompĂ©tents et mĂŞme nocifs.

Le collectif «Nos services publics» explique : «L’externalisation entraĂ®ne une perte de savoir-faire des services publics. On devient incapables de faire seuls. MĂŞme en situation de crise». On l’a vu avec la pandĂ©mie : une gestion calamiteuse qui a coĂ»tĂ© des vies. MĂŞme chose avec la Poste ou les trains, toujours plus cher et toujours moins efficace Ă  mesure que la privatisation avance.

Le nĂ©olibĂ©ralisme est un dogme irrationnel et dangereux. Il n’est bĂ©nĂ©fiques que pour les ultra-riches. L’État français est aux mains de managers arrogants et opportunistes qui arrosent leurs amis issus d’entreprises privĂ©es. C’est un hold-up massif, qui ne s’arrĂŞtera pas seul.


Source : https://twitter.com/nosservicespub/status/1490988964236378112