Nantes Révoltée

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🔴 DEUX AUTRES DISSOLUTIONS ENVISAGÉES PAR LE POUVOIR ?

février 19, 2022

Nantes RĂ©voltĂ©e, premier test avant d’autres attaques liberticides contre les mouvements sociaux


Alors que des agressions commises par l’extrĂŞme droite ont lieu chaque semaine, qu’un pĂ©tainiste est aux portes du second tour et que des groupes nĂ©ofascistes appellent ouvertement Ă  s’armer, le gouvernement veut s’en prendre Ă  «l’ultra-gauche».

Une article publiĂ© par la presse policière, c’est-Ă -dire dans le journal Le Figaro vendredi 18 fĂ©vrier, titre que «l’ultragauche est plus surveillĂ©e que jamais» avant la prĂ©sidentielle. Un refrain rĂ©gulier : Ă  chaque moment de tension sociale ou d’affaiblissement du pouvoir, la presse ressort le spectre de «l’ultra-gauche» et des «black blocs». Facile. Il n’y aurait pas de colère sociale massive contre les gouvernants, mais seulement des «groupuscules» qualifiĂ©s «d’ultras», très dangereux et isolĂ©s du reste de la population, prĂŞts au passage Ă  l’acte terroriste. Qui croit encore cette narration grotesque ?

Dans cet article du Figaro, Ă©crit uniquement avec des sources policières, il est notamment question de la dissolution de Nantes RĂ©voltĂ©e – le journal consacre un article complet Ă  l’agitation de la ville de Nantes – des ZAD et des occupations de bâtiments vides. Mais il est aussi et surtout question d’autres dissolutions. Le Figaro Ă©crit : «L’exĂ©cutif accentue la pression sur l’ultragauche. Selon nos informations, deux autres structures gravitant dans cette galaxie sont dans le collimateur des services et auraient vocation Ă  disparaĂ®tre». Deux autres cibles donc, en plus de Nantes RĂ©voltĂ©e. Le Figaro sous entend qu’il pourrait notamment s’agir d’antifascistes lyonnais.

En fin d’article, un policier du renseignement explique qu’il travaille «sur des structures gazeuses et atomisĂ©es sur lesquelles il est difficile d’avoir une prise» et qu’il est «obligĂ© de travailler avec des  »sources »». Autrement dit, des indics infiltrĂ©s dans nos luttes. Vous serez ravi d’apprendre que c’est aussi Ă  ça que sert l’argent public : espionner une action Ă©colo ou tenter de dĂ©truire un mĂ©dia indĂ©pendant. «Nous dĂ©ployons nos capteurs Ă  travers tout le territoire pour dĂ©tecter les problèmes avant qu’ils ne s’enkystent».

Derrière ce texte propagandiste issu d’une presse de droite perfusĂ©e de subventions publiques, il apparaĂ®t clair que la dissolution de Nantes RĂ©voltĂ©e est bien un test : une expĂ©rimentation qui, si elle rĂ©ussit, ouvre la voie Ă  d’autres procĂ©dures contre d’autres groupes militants et mĂ©dias indĂ©pendants. Le gouvernement veut faire de notre mĂ©dia un exemple et une première Ă©tape pour frapper bien plus largement. Il est donc très important de mettre GĂ©rald Darmanin en Ă©chec. Pour l’instant, les très nombreux soutiens que nous avons reçu semblent faire hĂ©siter le ministère de l’IntĂ©rieur. Mais cet article du Figaro invite Ă  la vigilance maximale.


L’article : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/avant-la-presidentielle-l-ultragauche-plus-surveillee-que-jamais-20220218