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🔴 LA POLICE LUI TIRE DESSUS, L’HÔPITAL MANQUE DE PERSONNEL POUR L’OPÉRER

avril 7, 2022

Mort d’un père de famille de Sevran : l’État policier et nĂ©olibĂ©ral tue deux fois


Cette histoire est une terrible illustration du rĂ©gime en place. Un rĂ©gime criminel, Ă  la fois rĂ©pressif et nĂ©olibĂ©ral. La police attaque, et les hĂ´pitaux n’ont plus les moyens de soigner.

Samedi 26 mars, Ă  Aulnay-sous-Bois en banlieue parisienne, la BAC ouvre le feu sur un vĂ©hicule. Un policier, sans brassard ni signe d’identification, touche le chauffeur d’un fourgon soupçonnĂ© de «vol», qui va s’encastrer un peu plus loin. Jean-Paul, père de famille de 33 ans est touchĂ© Ă  la cage thoracique. Il ne reprĂ©sentait aucune menace, ni pour les policiers, ni pour quiconque. Quelques jours plus tard, le policier tireur est mis en examen pour «violences volontaires ayant entraĂ®nĂ© la mort sans intention de la donner».

Il n’y avait pas de «vol de vĂ©hicule». Jean-Paul Ă©tait en conflit avec son employeur qui lui devait de l’argent et continuait d’utiliser sa camionnette pour ses livraisons. Un contentieux relativement banal dans le cadre d’un diffĂ©rend au travail. Et l’enquĂŞte, basĂ©e sur des images de surveillance, montre les circonstances du tir. Jean-Paul est arrĂŞtĂ© au niveau d’un feu rouge, l’un des policiers s’avance vers la camionnette et tire alors mĂŞme que ni lui ni ses collègues ne sont en danger. Lors du coup de feu, les agents ne sont pas devant mais derrière le fourgon, et Ă©loignĂ©s. L’impact de balle est d’ailleurs relevĂ© derrière la vitre. Le tireur n’a pas visĂ© les pneus, il a tirĂ© pour tuer. Les faits sont tellement injustifiables que le policier prĂ©tend maintenant qu’il a tirĂ© par «accident». Ă€ Sevran, dans sa ville, Jean-Paul Ă©tait apprĂ©ciĂ©, il gĂ©rait une entreprise de livraison et Ă©tait impliquĂ© dans la vie associative et sportive.

Le Canard EnchaĂ®nĂ© du 6 avril nous rĂ©vèle un autre aspect du drame. ArrivĂ© Ă  l’hĂ´pital Pompidou, fleuron de l’hĂ´pital français, il y a une pĂ©nurie d’infirmières de bloc opĂ©ratoire – IBODE – qui contraint rĂ©gulièrement l’Ă©tablissement de soin Ă  arrĂŞter les opĂ©rations. C’est dans cet hĂ´pital rĂ©putĂ© que Jean-Paul est envoyĂ© après avoir reçu le tir. Très gravement blessĂ©, il ne peut pas ĂŞtre opĂ©rĂ© en urgence, faute de personnel. Un temps prĂ©cieux passe. Le blessĂ© est finalement transfĂ©rĂ© dans un autre hĂ´pital. Et meurt peu après. «Comment ne pas penser que, peut-ĂŞtre, si nous l’avions pris directement sans perte de temps, sans perte de chance, il serait potentiellement encore vivant ?», se demandent les mĂ©decins. Le Canard explique plus loin que pour opĂ©rer certaines fois, il avait fallu travailler au bloc avec des intĂ©rimaires septuagĂ©naires…

Ce drame, c’est la France actuelle dans toute son horreur. Une police surarmĂ©e et impunie qui ouvre le feu. Un hĂ´pital sous Ă©quipĂ© qui ne peut mĂŞme pas assurer des soins vitaux. Le dĂ©cès de Jean-Paul, c’est le monde de Macron.