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🗳️ LÉGISLATIVES : ON FAIT LE BILAN

juin 13, 2022

Abstention majoritaire, macronisme affaibli mais prĂŞt Ă  l’attaque, retour de la gauche plurielle


Un mois après le hold-up Ă©lectoral macroniste, les rĂ©sultats des Ă©lections lĂ©gislatives viennent de tomber. Ils sont historiques Ă  plus d’un titre. Analyse Ă  chaud :

  • L’abstention est Ă©crasante, elle atteint 53%. Un record sous la Cinquième RĂ©publique. Le divorce entre la classe politique et la population est consommĂ©. Sur 100 Ă©lecteurs, 53 ne sont donc pas allĂ© voter, 12 ont glissĂ© un bulletin NUPES, 12 ont votĂ© pour le clan Macron, 9 pour l’extrĂŞme droite, et 6 pour Les RĂ©publicains. Les Ă©lus ne reprĂ©sentent qu’eux mĂŞmes. Si nous Ă©tions en «dĂ©mocratie», ces Ă©lections seraient annulĂ©es puisque l’abstention est majoritaire.
  • Le Macronisme en dĂ©route. La haine de Macron domine le pays. C’est la première fois depuis 1958 que le parti prĂ©sidentiel n’est pas en tĂŞte au premier tour. Plus incroyable et inattendu, depuis 20 ans, les lĂ©gislatives sont placĂ©es juste après les prĂ©sidentielles pour permettre au PrĂ©sident Ă©lu d’obtenir une forte majoritĂ© sans contre-pouvoir. Aujourd’hui, pour la première fois, cela ne marche pas. C’est donc un choc politique pour le Macronisme, dont la lĂ©gitimitĂ© est très faible. Mais le score du bloc Macron reste trop Ă©levĂ©, Ă©tant donnĂ© son plan de bataille terrifiant. Alors qu’il arrive deuxième, le mode de scrutin va probablement permettre Ă  Macron d’obtenir un nombre suffisant de dĂ©putĂ©s pour imposer son programme de guerre sociale. Au pire, il n’aura qu’Ă  nouer des alliances avec la droite et l’extrĂŞme droite, comme il l’a dĂ©jĂ  fait, pour pouvoir gouverner. Le contre-pouvoir sera dans la rue.
  • Bloc bourgeois radicalisĂ© : parmi les bonnes nouvelles, l’infâme Blanquer qui a fait tant de mal Ă  l’Éducation Nationale est Ă©liminĂ© dès le Premier tour. Il rejoint Valls sur le banc des perdants dĂ©testables. De nombreux ministres sont en difficultĂ©, notamment celle de la «transition Ă©cologique» : AmĂ©lie de Montchalin. Cela a pour effet de provoquer une radicalisation du bloc bourgeois. Blanquer a dĂ©clarĂ© : «Je le dis solennellement, l’extrĂŞme-gauche est autant un danger que l’extrĂŞme-droite». La porte parole du gouvernement Olivia GrĂ©goire refuse d’appeler Ă  voter pour la NUPES pour faire barrage Ă  l’extrĂŞme-droite. Macron et ses porte paroles de mĂŞme. Le «front rĂ©publicain» et le «barrage» n’ont servi qu’Ă  faire rĂ©Ă©lire Macron. Il ne fait aucun doute que ces gens auraient prĂ©fĂ©rĂ© Hitler au Front Populaire.
  • Recul des fascistes dans les urnes ? Alors qu’elle Ă©tait au second tour, Marine Le Pen n’a pas fait campagne et a mĂŞme appelĂ© plusieurs fois Ă  donner Ă  Macron une majoritĂ© au Parlement. Le RN rĂ©alise donc un score assez faible par rapport Ă  la prĂ©sidentielle, et n’est pas certain d’avoir un groupe parlementaire. Du cĂ´tĂ© de ReconquĂŞte, Éric Zemmour, Guillaume Peltier, Marion MarĂ©chal et Damien Rieu sont Ă©liminĂ©s dès le premier tour. Tout comme le policier fasciste Bruno Attal. Ce soir, Eric Zemmour a annulĂ© l’ensemble de ses plateaux. Une fessĂ©e. Rappelons que malgrĂ© son score assez faible, Zemmour a bĂ©nĂ©ficiĂ© de 80% du temps d’antenne pendant des mois au dĂ©but de la prĂ©sidentielle. Ce recul relatif des fascistes, mĂŞme si leur score reste plus Ă©levĂ© qu’il y a 5 ans, est un recul de circonstance. L’extrĂŞme droite bĂ©nĂ©ficie toujours de rĂ©seaux puissants dans les mĂ©dias, dans la police et dans le patronat. Ses militants s’arment et commettent des agressions partout. Et surtout, les mots et les idĂ©es de l’extrĂŞme droite s’imposent dans tout le spectre politique. Il faudra bien plus que des bulletins pour les mettre hors d’Ă©tat de nuire.
  • Le retour de la gauche plurielle. La coalition rose et verte NUPES arrive en tĂŞte. Un tour de force politique en seulement un mois de campagne, mĂŞme si elle arrive tout juste devant en additionnant le score de tous ces partis aux prĂ©cĂ©dents scrutins. Plus inquiĂ©tant, cette coalition de circonstance signe le grand retour de la sociale-dĂ©mocratie, en aucun cas un programme de rupture. MĂŞme si MĂ©lenchon a tenu des propos courageux sur la police notamment, la NUPES a fait le choix de ne pas prĂ©senter de figures issues des luttes – Ă  de rares exceptions près –, ni de projet anticapitaliste, mais des candidats issus des appareils, rĂ©partis en fonction des accords politiciens. En Loire-Atlantique par exemple, la NUPES a prĂ©sentĂ© un policier dans le vignoble et un socialiste bien flasque au nord de Nantes. Ă€ Nantes, le «soutien» mis en avant sur les tracts de la NUPES est celui de Johanna Rolland, la maire Vallsiste, qui met des policiers et des camĂ©ras partout, qui gentrifie la ville, expulse et impose des projets infects. Voir le PS, qui Ă©tait en Ă©tat de dĂ©composition avancĂ©, revenir en force est une vraie dĂ©faite. Alors oui, c’est moins pire que le clan Macron. C’est juste la refondation d’un PS 2.0, sur des positions moins radicales que celles de Mitterrand en 1981. Mèneront-ils le combat social contre la bourgeoisie et la police militarisĂ©e ? Attention au mirage.
  • Vers une dissolution de l’AssemblĂ©e ? Dimanche prochain, soit Macron obtient la majoritĂ© absolue, et il lancera immĂ©diatement sa destruction au lance-roquette de tout ce qu’il reste de droits sociaux. Soit il ne l’obtient pas et il dissoudra l’AssemblĂ©e cet automne. En clair, il ne s’agit que d’un rĂ©pit. MĂŞme si la situation a le mĂ©rite de montrer que le roi est nu.

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