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đź›’ INFLATION : QUI PAIE LA NOTE ?

avril 5, 2022

Les pays de l’Union EuropĂ©enne font face Ă  une augmentation des prix aux alentours de 7,5%, jusqu’Ă  11% aux Pays-Bas. Alors que cette dynamique inflationniste Ă©tait dĂ©jĂ  bien avancĂ©e depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, la guerre en Ukraine et l’enchĂ©rissement des prix des carburants et des matières premières agricoles qui l’accompagne, ne fait qu’aggraver la situation. Il faut noter que cette inflation touche principalement les produits vitaux, dont les catĂ©gories modestes peuvent difficilement se passer, et pas les produits de luxe dont s’abreuvent les classes supĂ©rieures.

La crise sanitaire avait dĂ©jĂ  fait apparaĂ®tre une grande prĂ©caritĂ© au sein de la population. Rappelons Ă  ce sujet l’augmentation inĂ©dite du nombre de personnes ayant recours Ă  des dispositifs d’aide alimentaire et les files d’attente des Ă©tudiant-es qui cherchaient Ă  se nourrir alors que Macron poursuivait son dĂ©lire sĂ©curitaire, payant des flics pour faire respecter un couvre-feu inutile au lieu de venir en aide aux plus dĂ©muni-es. Si on peut considĂ©rer que cette crise sanitaire est exceptionnelle, les rĂ©formes du gouvernement sortant (bientĂ´t sorti, on peut l’espĂ©rer) n’ont, elles, rien Ă  voir avec la conjoncture.

L’attaque contre l’assurance chĂ´mage, par exemple, faisant passer de 950 Ă  650 euro par mois l’indemnitĂ© pour les salariĂ©-es au SMIC est une vĂ©ritable dĂ©claration de guerre contre les plus pauvres, exploitĂ©-es comme jamais. Comme si tout cela ne suffisait pas, dans ce contexte d’inflation, les grands groupes ont recours Ă  deux mĂ©thodes qu’il faut absolument dĂ©noncer.

La première, relativement connue, consiste Ă  diminuer la quantitĂ© de produit vendu tout en maintenant le prix au mĂŞme niveau, il s’agit de la «shrinkflation» : on grappille des bouts de chandelle pour maintenir les marges bĂ©nĂ©ficiaires au dĂ©triment des consommateurs. La seconde, plus discrète mais certainement plus nĂ©faste, vise Ă  remplacer une partie des produits par des composants moins chers : c’est la «cheapflation». Certains produits ne sont plus au chocolat mais «chocolatĂ©s», des ingrĂ©dients jugĂ©s trop onĂ©reux sont substituĂ©s par d’autres peu digestes, plus gras ou plus nocifs pour l’environnement.

Au nom de leurs profits, certains groupes trouvent donc normal de dĂ©grader la qualitĂ© des denrĂ©es qu’ils mettent en vente, au mĂ©pris de toute logique de santĂ© publique. La population se trouve prise en Ă©tau, avec d’un cĂ´tĂ© une classe politique largement acquise aux intĂ©rĂŞts du capital et de l’autre des groupes industriels et commerciaux qui n’hĂ©sitent pas Ă  reporter sur les plus pauvres les effets indĂ©sirables d’un marchĂ© qu’ils ne cessent pourtant de promouvoir. Face Ă  cet Ă©tat de fait, une seule solution : l’organisation du peuple par lui-mĂŞme et pour lui-mĂŞme !