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🤖 LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL AUTORISE L’USAGE DE DRONES POLICIERS

janvier 23, 2022

Vers une société de surveillance de masse ?


Nous y sommes. Il n’existe plus aucun garde-fou en France. Le mirage dĂ©mocratique s’Ă©vanouit de jour en jour. Le ministre de l’IntĂ©rieur et le garde des sceaux voulaient imposer la surveillance de masse grâce Ă  leur texte de loi «responsabilitĂ© pĂ©nale et sĂ©curitĂ© intĂ©rieure», nouvelle batterie de mesures liberticides. Le texte adoptĂ© par le parlement le 18 novembre 2021, rĂ©-autorisait l’utilisation de ces mouchards volants. Le conseil constitutionnel, sensĂ© faire office de contre-pouvoir, devait statuer sur la lĂ©galitĂ© de tels dispositifs. Il a rendu sa dĂ©cision sur la disposition du texte relative Ă  l’usage de drones policiers. Et il a donnĂ© son feu vert ce 20 janvier 2022, alors qu’il vient aussi de valider le Pass Vaccinal.

Après pas moins de 4 interdictions en 2020, ces moyens de surveillance sont finalement autorisĂ©s. L’acharnement du gouvernement paie. Les flics pourront dĂ©sormais les utiliser Ă  loisir dans l’espace public. L’usage de ces engins Ă©tait l’un des enjeux de la loi SĂ©curitĂ© Globale. Les prochaines annĂ©es seront faites d’un ciel occupĂ©. QuadrillĂ© par ces oiseaux robotisĂ©s au service de l’ordre policier.

Le Conseil constitutionnel a Ă©galement autorisĂ© les camĂ©ras embarquĂ©es sur les vĂ©hicules de police et la vidĂ©osurveillance des cellules de garde-Ă -vue. Il entĂ©rine un pas de plus dans le contrĂ´le de masse permettant Ă  l’État policier de resserrer ses griffes. De la sociĂ©tĂ© de surveillance Ă  la sociĂ©tĂ© de contrĂ´le.
Ă€ la faveur de la crise sanitaire et Ă  force de tout accepter, Ă  coup de dĂ©missions de notre camp social, la sociĂ©tĂ© sĂ©curitaire s’est installĂ©e partout. Hors du travail et de la consommation, tout doit disparaĂ®tre. Les dominants veulent rationaliser d’avantage chaque espace au service du Capital. Accumuler les profits jusqu’Ă  la destruction totale de la planète et contenir les oppositions concrètes qui pourraient mettre Ă  mal les logiques purement comptables du pouvoir Ă©conomique et politique.

Pour ce faire, il faut Ă©teindre les foyers de rĂ©sistance. Les États du monde entier se dotent d’un arsenal techno-policier colossal. Les entreprises privĂ©es et les États vendent leurs technologies pour des sommes astronomiques. On ne compte plus les dispositifs de surveillance dans les mĂ©tropoles. La plupart des gens ont baissĂ© la garde face l’avancĂ©e de l’appareil techno-sĂ©curitaire.

Des camĂ©ras de surveillance aux pass sanitaires qu’on installe dans les gestes du quotidien, des logiciels de reconnaissance faciale et de police prĂ©dictive aux drones policiers, ces dispositifs quadrillent l’espace public et surveillent de manière permanente les populations. De Hong Kong Ă  Los Angeles. Paris, Londres, Moscou, pas une ville ne fait exception. Ils contrĂ´lent chaque fait et geste des individus.

La France fait parti des bons Ă©lèves et le gouvernement Macron prend exemple sur la Chine. Le nec plus ultra en matière de sociĂ©tĂ© de contrĂ´le se trouve du cĂ´tĂ© du gouvernement de PĂ©kin. Le totalitarisme numĂ©rique de l’État chinois fait figure de proue. BientĂ´t 600 millions de camĂ©ras sur le territoire, reconnaissance faciale omniprĂ©sente, et crĂ©dit social – sorte de permis numĂ©rique citoyen qui rĂ©compense ou pĂ©nalise les habitant-es selon leur niveau de vertu. Un outil digne des pires dystopie qui peut vous disqualifier, vous dĂ©classer. Faire de vous un-e indĂ©sirable, un-e paria.

Dans un documentaire d’Arte baptisĂ© «Tous surveillĂ©s: 7 milliards de suspects», l’ingĂ©nieur chinois travaillant pour le parti avait fait cette terrible dĂ©claration au journaliste venu l’interroger : «Si la France s’Ă©tait dotĂ©e du crĂ©dit social, pas de gilets jaunes». Contre attaquons avant que les gouvernants ne nous imposent le «meilleur des mondes», sans Ă©chappatoire.