Nantes Révoltée

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29 FÉVRIER : VENT D’OUEST CONTRE LES PROJETS INUTILES

mars 1, 2020

Depuis plusieurs semaines, de nombreuses rencontres entre les luttes écologistes du grand ouest ont lieu. Opposition au « surf park », aux projets de zones industrielles en bord de Loire, défense d’une plage en Vendée, ou collectifs contre le bétonnage et la gentrification : c’est une mosaïque de mouvements très divers qui se sont fédérés pour défiler ensemble. Ensemble contre le capitalisme, et pour protéger le vivant. Un pari audacieux qui mêle des discours et des pratiques diverses au cœur de la métropole nantaise.

Ce samedi 29 février, ce sont des cortèges dispersés qui ont investi la ville. Un village du peuple construit en un temps record au Miroir d’eau, une centaine de personnes Place Zola, et plusieurs milliers au départ de la carrière Misery surplombée par une grande grue, symbole de la transformation de tout un quartier de Nantes. La police aura mis la pression avant même le début des défilés : fouilles multiples, intimidations, et nombreuses arrestations préventives.

Finalement, lorsque les manifestants et manifestantes réussissent leur jonction, il y a au moins 3000 personnes au rendez-vous, à braver les grosses bourrasques de vent d’Ouest. On retrouve une créativité qui rappelle les belles manifestations de la ZAD de Notre-Dame des-Landes : des chars, de la peinture et de la musique. Le groupe Extinction Rébellion a ramené un bateau et bloque un pont. La Chambre de Commerce et d’Industrie a la façade colorée. Le collectif La Commune de Chantenay est déguisé en héron.

La diversité est bien représentée, avec des masques, des déguisements, des slogans très variés faisant écho aux nombreuses luttes de territoire de la région. Mais la juxtaposition des messages suffit-elle à faire confluer la dynamique ? Une fois retourné dans l’habituel parcours balisé du centre-ville, les affrontements rituels ne tardent pas à éclater Cours Saint-Pierre puis devant la préfecture, où pas moins de 3 canons à eau sont en action. Une ribambelle de tags font leur apparition, profitant d’un dispositif policier beaucoup moins massif que lors des manifestations contre la réforme des retraites. La tension monte à l’entrée du Cours dus 50 Otages. Un commando de gendarmes attaque pour arrêter une personne, puis se retrouve encerclé et repoussé au bord de la rivière, et manque presque de tomber à l’eau face à la pression de la foule. Le tout dans un épais nuage de gaz. Les Gilets Jaunes présents dans la manifestation s’illustrent encore par leur dynamisme.

Retour à la Croisée des trams, la détermination s’étiole, malgré une playlist entraînante. La BAC commence une série d’attaques aussi brutales qu’absurdes à Bouffay, à grand renfort e grenades et de LBD. La rue de la Paix est réinvestie et quelques chaises lancées. Les gendarmes chargent pour confisquer un char. Une manifestation sauvage part alors que le gros des manifestants a quitté le défilé. Mais on commence à murmurer que le gouvernement utilise le 49.3 pour casser les retraites. Dans les rues, les slogans changent de nature et reprennent de la vigueur. Mais il se met à pleuvoir à verse.

A 20H30, nouveau rendez-vous contre le passage en force du gouvernement sur les retraites. Les réseaux sociaux sont inondés d’appels à la révolte, mais les rues nantaises sont plutôt vides. Après avoir fait un feu sur la place, un petit cortège d’une centaine de personnes part en direction de la préfecture, dans des rues vierges de policiers. La pluie reprend, et douche les dernières énergies. Il est près de 22H.

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