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ACTE IX À NANTES : MASSIF ET DÉTERMINÉ

janvier 13, 2019
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– 8000 manifestants, énorme répression –

À l’aube de l’année 2019, la révolte des Gilets Jaunes redouble de vigueur. Isolés, détestés, les gouvernants sont résolus à ne répondre que par la menace. Le premier ministre annonce des fichages massifs pour interdire de manifestation à vie les opposants politiques. Le ministre de l’intérieur provoque tous ceux qui comptent descendre dans la rue. Un député déclare dans la presse que tout est mis en œuvre pour que « ce soit le dernier acte ». Et à Nantes, le préfet annonce fièrement, une répression « sans précédent ». Tout simplement.

Mais on ne gouverne pas sur un bidon d’essence en jouant avec des allumettes. L’acte 9, du 12 janvier, est marqué par une augmentation considérable du nombre de manifestants, mais aussi de la détermination générale. A Nantes, c’est probablement la plus grosse manifestation depuis le début du mouvement, avec autour de 8 000 personnes dans les rues. La répression, pourtant déjà très élevée, est elle aussi sans précédent.

A 13H, des centaines de personnes se massent Place Bretagne. Une chorale chante « Bellaciao », pendant que des dizaines de casques jaunes sont distribués dans la foule. Une heure plus tard, le cortège ne cesse de gonfler. Plusieurs milliers de personnes avancent derrière une banderole sans équivoque : « Boxons Macron ». Première halte. Des boucliers sont distribués depuis un balcon par deux Gilets Jaunes, sous les acclamations. La manifestation prend la direction de la Place Aristide Briand : où se trouve un hôtel de luxe et des banques, au cœur du quartier le plus privilégié de la ville. Mais pour protéger les plus riches, l’État met les grands moyens. Le parcours est stoppé avant même de pouvoir atteindre la place, puis repoussé par un déluge de grenades. Il n’y avait pas eu, à ce stade, la moindre dégradation. Retour Place Bretagne sous le bourdonnement de l’hélicoptère. Le cortège défile dans les petites rues de Bouffay, dans une bonne ambiance, entouré par une équipe de manifestants avec des panneaux fléchés, qui indiquent le parcours.

Traquenard devant la préfecture. Un dispositif de choc a été mis en place. Nouvelles salves de grenades. Les nouveaux fusils « multi-coups », qui permettent aux CRS de tirer des munitions en rafale, sont massivement utilisés, à hauteur de tête, avec un son bien reconnaissable qui terrorise les premières lignes. Sur un bouclier, un trou circulaire, parfaitement net provoqué par un tir. Ces grenades sont encore plus dures que les balles en caoutchouc des LBD 40. Quelques courageux tentent malgré tout d’amener des échelles pour partir à l’assaut des jardins du préfet, mais une attaque de la BAC coupe définitivement le cortège en deux. C’est le début d’une confusion monumentale.

L’avant de la manifestation est coursé sur plusieurs kilomètres par une meute de la BAC, vers l’ouest. Pendant ce temps, le gros du cortège monte jusqu’au siège de la banque de France, allume un feu, et cible toutes les banques de la rue. Les affrontements sont très durs rue du Calvaire. L’objectif de la police est de disperser systématiquement et sans sommations, pour empêcher les groupes, éclatés, de se réunir. Il y a des grappes de manifestants et des explosions de la Place Graslin à la Cathédrale, de Saint Nicolas au Cours des 50 Otages A chaque intersection, la police a la consigne d’aller au contact, de frapper, de tirer. Du tir au pigeon systématique, sur une foule vulnérable. L’ambiance est extrêmement anxiogène, ce qui rend certains Gilets Jaunes beaucoup plus violents, alors que l’après-midi avait démarré dans le calme. Il y a beaucoup de verre brisé. Et de rage.

Une course poursuite s’engage vers le sud de Nantes, avec un gazage massif sur un pont au dessus de la Loire. Des barricades apparaissent dans les rues désertes du quartier des Olivettes. Au même moment, un feu d’artifice à Commerce. Une grosse Mercedes est en flammes square Daviais. Sur le capot : « rends l’ISF ». Des Gilets Jaunes ont éloigné les voitures garées à côté, plus modestes, pour les protéger. Nombreuses détonations de GLI F4, parfois envoyées contre une foule compacte. Il y a de très nombreux tags, souvent poétiques. Beaucoup de passants subissent les gaz, et doivent fuir, apeurés. Des enfants sont choqués. Le balcon d’un appartement reçoit un tir de lacrymogène mal envoyé. L’habitant renvoie le palet vers la rue. La BAC, juste en bas, surexcitée, force la porte pour monter chez lui.

La nuit tombe, et les affrontements continuent. La plupart des Gilets Jaunes ont quitté les lieux. Des feux sont allumés le long du tram vers 20H, provoquant les dernières salves de la journée. Brouillard de la Place du Bouffay jusqu’à la gare. 16 personnes ont été arrêtées.

Pendant de temps, un apéritif des Gilets Jaunes, pour terminer la soirée sur une note réconfortante, est organisé sous les Nefs de l’Ile de Nantes.

Partout en France, les cortèges étaient massifs, populaires, déterminés. Partout, le droit de manifester est suspendu à coups de grenades. Partout, le courage des Gilets Jaunes est hors du commun.

Le pouvoir est dans une impasse. Mais pour gagner, il faut inventer de nouvelles façons de contester, au delà des rituels hebdomadaires et du sang versé.

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