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CLAUDE D’HARCOURT QUITTE NANTES : 2 ANS D’INFAMIES À LA PRÉFECTURE

juillet 29, 2020

Il est promu « directeur général des étrangers » au ministère de l’Intérieur

Claude d’Harcourt a débarqué à Nantes en novembre 2018, en tant que préfet de région. Cet été, il quitte la ville avec du sang sur les mains. Retour sur deux années de violences extrêmes téléguidées par un préfet autoritaire.

• Cet énarque issu d’une grande famille aristocratique prend ses fonctions le 7 novembre 2018. Le soir même, une manifestation en soutien aux réfugiés, rassemblant une petite centaine de personne est empêchée de défiler par 300 CRS armés. Trois fois plus de policiers que de manifestants. Le nouveau préfet marque la ville de son empreinte.

• Quelques jours plus tard Claude d’Harcourt promet « la plus grande fermeté » contre les Gilets Jaunes. Dès le 17 novembre, Nantes est l’une des rares villes où les Gilets Jaunes sont gazés et attaqués par la police dès l’Acte 1. En quelques mois de mouvement son bilan est terrible : des centaines de blessés, plus de 300 gardes à vue, plusieurs mutilés. Et un jeune homme, Adrien, tombé dans le coma devant la préfecture suite à un tir en pleine tête le 29 décembre 2018. Adrien a frôlé la mort, et gardera des séquelles à vie.

• Au mois d’avril 2019, la fête foraine est noyée sous les lacrymogènes, asphyxiant familles et enfants. Claude d’Harcourt couvre cet acte, et se félicite du nombre « particulièrement élevé » d’arrestations à Nantes. Il couvrira également le gazage d’une maternité en décembre 2019, provoquant des malaises de femmes enceintes.

• Le 21 juin 2019, la police nantaise attaque à coup de grenades, des centaines de personnes qui font la fête au bord de la Loire. 14 personnes son repêchées dans le fleuve, et Steve, 24 ans, est porté disparu. Il sera retrouvé noyé un mois plus tard. Il déclare froidement à la presse, juste après le drame : « les forces de l’ordre interviennent toujours de manière proportionnée. Face à des individus avinés […] il est difficile d’intervenir de façon rationnelle ». Dans la foulée, il promet même « des poursuites » contre les fêtards. Il porte plainte contre un journaliste qui a dénoncé la répression. D’Harcourt reste en poste.

• Le 2 août 2019 le préfet choisit l’escalade en interdisant « tout rassemblement » dans la ville, le jour d’un hommage à Steve. Un millier de policiers sont déployés. Ils répriment avec une extrême violence le défilé. Un homme est étranglé en pleine rue par des agents de la BAC. Jusqu’à perdre connaissance.

• Décembre 2019, les manifestations syndicales pour défendre les retraites sont systématiquement menacées, noyées dans les gaz, nassées, quand elles ne sont pas directement interdites. Les blessés et les arrêtés ne se comptent plus. C’est le maintien de l’ordre le plus violent de France avec celui du préfet de Paris, Didier Lallement.

• En janvier 2020, le préfet sort totalement de son rôle et s’oppose à la PMA pour toutes et tous. Une position qui illustre les opinions très à droite de ce chef de la répression.

• 21 juin 2020, un an après la mort de Steve, Claude d’Harcourt choisit à nouveau la violence : il interdit la soirée prévue en hommage à Steve. Tout rassemblement est interdit dans la ville. Nantes est mise en état de siège. Lorsqu’un camion diffuse de la musique, la police attaque, charge, tire des centaines de grenades, y compris en bord de Loire, et arrête le conducteur du camion. Horrible provocation.

• Ce préfet quittera ses fonctions le 24 août, remplacé par un autre énarque, tout aussi gris. Didier Martin, préfet de Moselle, connu pour ses interdiction régulières de manifester dans la ville de Metz. D’Harcourt est quant à lui promu à la tête de la « direction des étrangers » au ministère de l’Intérieur, où il mettra en œuvre les politiques inhumaines de Darmanin. Il aura fait couler du sang et des larmes à Nantes, sans jamais répondre de ses actes. Nous ne le regretterons pas. Nous ne l’oublierons pas non plus.

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