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« J’ÉTOUFFE » : LES DERNIERS MOTS DE CÉDRIC CHOUVIAT LORS DE SON ARRESTATION

juin 22, 2020

Nouvelles révélations de Médiapart sur la mort atroce du livreur Cédric Chouviat en janvier denier. La barbarie de cette arrestation mortelle n’a rien à envier aux conditions de la mort de George Floyd, qui a déclenché une vague d’insurrection dans tous les USA :

Menotté et plaqué au sol sur le ventre par au moins trois policiers, le père de famille a crié à sept reprises « j’étouffe » avant de mourir d’une asphyxie avec une fracture du larynx. Les policiers ont maintenu leur poids pendant plus de 5 minutes sur la tête et la gorge du livreur alors qu’il était menotté au sol.

La preuve ? Le livreur avait tenu à enregistrer ses échanges avec les policiers. Compte tenu de la violence et de la rapidité de son plaquage au sol, il n’a eu ni le temps d’éteindre son appareil, ni celui d’enlever son casque, qui ne lui sera retiré que lorsqu’il sera inanimé. C’est donc un enregistrement sonore complet qui prouve le déroulé de l’arrestation, et les derniers mots de Cédric Chouviat.

Ce ne sont pas des insultes mais bien des appels à l’aide que Cédric Chouviat a lancés à sept reprises. « J’ai le droit de filmer ». « Ne me touchez pas », « Vous, ne me poussez pas, vous n’avez pas le droit de me pousser comme ça, Monsieur », alors que l’un des agents le repousse de sa main à plusieurs reprises. Le contrôle, qui dure 12 minutes, se passe mal, mais sans l’ombre d’un danger ou risque pour les policiers.

L’un des policiers dit à Cédric Chouviat : « Vous croyez que je vais me mettre à quatre pattes et que je vais vous sucer la bite aussi ? » C’est la seule véritable insulte prononcée lors de tout ces échange, et elle vient d’un policier. Le mot le plus grave prononcé par le livreur est « guignols ».

Après la fin du contrôle, alors que tout aurait pu s’arrêter, le chef de bord prétend avoir entendu une insulte « Vous avez dit quoi ? […] fils de pute ? ». Or, l’enregistrement prouve que Cédric Chouviat n’a rien dit de tout ça, mais « pauvre type ». C’est là qu’il est interpellé.

Les dernières paroles prononcées par le livreur : « Arrête », « je m’arrête ». Puis, à sept reprises, « j’étouffe ». Durant cinq minutes, Cédric Chouviat reste au sol sur le ventre, encore casqué, et menotté. Il perd connaissance. « Lorsque les secours tentent de le réanimer, il présente des signes d’atteinte cérébrale très grave, due au manque d’oxygène. Il décède le 5 janvier, au service de réanimation de l’hôpital européen Georges-Pompidou. »


Source : https://www.mediapart.fr/journal/france/220620/j-etouffe-repete-sept-fois-les-derniers-mots-de-cedric-chouviat

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