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đź‘‘ MACRON : LE ROI EST NU

avril 17, 2022

Le Régime ne repose plus sur la mobilisation mais sur la démobilisation


Échec absolu du «grand meeting» d’entre-deux tours Ă  Marseille samedi 16 avril. Quelques dizaines, voire quelques centaines de personnes, au mieux, ont assistĂ© au discours de Macron. MalgrĂ© les plans serrĂ©s des Ă©quipes de communication de LREM, il Ă©tait impossible de cacher l’Ă©chec : le prĂ©sident est seul. Ă€ Avignon la candidate d’extrĂŞme droite rĂ©unissait encore moins de monde. Autant dire que les deux finalistes sĂ©lectionnĂ©s par les mĂ©dias sont massivement dĂ©testĂ©s : ils ne suscitent, ni l’un ni l’autre, ni adhĂ©sion, ni enthousiasme. Ă€ ce titre il n’est mĂŞme pas Ă©tonnant que dans notre pĂ©riode post-dĂ©mocratique, ce soient les deux candidats qui n’ont pas menĂ© campagne, pas assumĂ© de dĂ©bat, qui soient en finale.

Au mĂŞme moment, au moins 10 fois plus de personnes manifestaient contre Le Pen et Macron dans les rues des grandes villes de France. Ce qui est dĂ©jĂ  historiquement faible : lors des sĂ©quences d’entre-deux tours des scrutins prĂ©cĂ©dents, les mobilisations rĂ©unissent rĂ©gulièrement des centaines de milliers de personnes.

Qu’est-ce que cela signifie de notre Ă©poque ? Nous ne sommes plus en pĂ©riode de grands dĂ©bats, de grandes idĂ©ologies, ni mĂŞme des grands rĂ©gimes autoritaires. Les dictatures du passĂ© comme les grands mouvements politiques, reposaient sur la «mobilisation». La lĂ©gitimitĂ© venait des masses populaires. On pense aux meetings gigantesques, aux grands Ă©vènements militaires, aux dĂ©monstrations de force. Aujourd’hui, les autocrates sont incapables de mobiliser qui que ce soit. Ă€ part leur minuscule garde rapprochĂ©e et la police.

Dans ce rĂ©gime Ă  bout de souffle, les dirigeants actuels ne peuvent pas compter sur la mobilisation, au contraire, ils organisent la dĂ©mobilisation. La rĂ©signation gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Le cynisme. L’absence de perspectives. L’horizon politique des tyrans, c’est une population confinĂ©e, soumise et dĂ©pressive. Toute prise de rue, toute organisation commune est vue comme un danger. FĂŞte de la musique rĂ©primĂ©e dans le sang, manifestations interdites, associations dissoutes : l’horizon, c’est une sociĂ©tĂ© morte, qui n’a plus de rĂ©flexe, plus de contre-pouvoirs. C’est ce que Poutine a rĂ©ussi Ă  faire en Russie. Cela lui a pris 20 ans.

Nous voici au temps des rĂ©gimes vides. Des colosses aux pieds d’argile. Les puissants n’ont pas de soutien. Les Ă©lus ne le sont que parce qu’ils suscitent une dĂ©testation un peu moins forte que leur adversaire. Le Roi est nu. Il peut donc ĂŞtre destituĂ©.

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