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PASS SANITAIRE : ENTRE LE MARTEAU MACRONISTE ET L’ENCLUME NEO-FASCISTE

août 3, 2021

«La stratégie est claire, la préfecture tente de coincer la mobilisation entre deux extrême-droites, celle qui est au pouvoir et celle qui tente de récupérer la rue»


Une analyse reçue sur la situation sociale du moment, à Nantes et en France :

« Alors que la mobilisation contre le passe sanitaire continue d’augmenter au niveau national, à Nantes la manifestation du samedi 31 juillet a mis au grand jour des problèmes politiques graves qui doivent être résolus avec fermeté.

DRAPEAUX BLANCS ET NÉBULEUSE D’EXTRÊME DROITE

Le mouvement contre le pass sanitaire participe d’une réaction de la population face à des mesures liberticides qui doivent absolument être combattues. Pour autant à Nantes, l’absence d’une orientation politique claire a permis à l’extrême-droite locale et régionale de s’afficher publiquement et d’encadrer une partie d’un cortège scindé en trois parties en profitant de la confusion.

Ainsi des néo-fascistes qui se dissimulent derrière un caractère «citoyen» et «apolitique» munis de drapeaux blancs et vêtus de même ont tenté d’exclure de la manifestation les militants de gauche qui luttent depuis des années contre les lois liberticides (état d’urgence, loi de sécurité globale, etc). Ces «citoyens» réunissent des militants du Rassemblement National, des catholiques intégristes, des monarchistes, des néo-nazis, des identitaires et autres partisans de Philippot.

Derrière les «masques blancs» et «Tout va bien 44», l’extrême-droite locale dissimule ses vrais objectifs en se fendant d’une défense hypocrite de la «liberté» elle qui en a toujours été l’ennemie. Les membres de cette nébuleuse ne sont pas nombreux, et la grande majorité des manifestants n’adhère pas à leur idéologie réactionnaire. Pour autant, seuls les militants antifascistes ont dénoncé ouvertement leur présence dans les défilés.

En laissant seuls des militants de gauche face aux nazillons, le mouvement en cours a démontré sa carence organisationnelle et son immaturité politique. Les conséquences ne se sont pas faites attendre, puisqu’en fin d’après-midi ce samedi 31 juillet, des néo-nazis équipés de matraques télescopiques et d’autres objets contondants ont attaqué les militants de gauche faisant des blessés graves. Après que les militants de gauche eurent mis en fuite les agresseurs, ils ont été attaqués par la police qui, jusque là, avait laissé faire les néo-fascistes.

LA PRÉFECTURE, LA POLICE ET LES DRAPEAUX BLANCS

Pendant près de deux semaines, les militants d’extrême-droite ont pu s’installer au pied du monument à la mémoire des 50 otages, résistants de gauche fusillés par les nazis, devant la préfecture de police. En lien avec les services de renseignement ils ont pu ficher et identifier les militants de gauche, et préparer les violences de samedi dernier. Alors que la manifestation s’était déroulée sans incidents, des barrages policiers ont empêché le cortège d’aller à la préfecture. Puis après des premiers tirs de lacrymogènes, les activistes d’extrême-droite sont passés à l’action, semant la peur et la confusion dans la manifestation. Il faut relever que, selon les dires d’un témoin, une partie des armes étaient dissimulée sous une bâche auprès de laquelle les agents de la bac se sont positionnés avant de laisser les éléments fascistes se servir.

La stratégie est claire, la préfecture tente de coincer la mobilisation entre deux extrême-droites, celle qui est au pouvoir avec Macron, Darmanin et leur politique raciste et liberticide, et celle extra-parlementaire ou d’opposition qui prétend manifester pour la liberté alors qu’elle soutient les lois de sécurité globale et séparatisme.

UNE GRAVE CRISE POLITIQUE

Alors que depuis plus d’un an le gouvernement utilise l’état d’urgence sanitaire pour diriger le pays avec un conseil de défense qui réunit militaires et membres du gouvernement dans des discussions secrètes dont rien ne transparaît, le parlement est complètement mis hors service et les députés d’opposition n’ont plus voix au chapitre. Après 6 ans d’état d’urgence permanent les libertés politiques et publiques ont fondu comme la banquise. Les discours d’extrême-droite pullulent dans les médias et les politiciens, du Parti socialiste aux républicains en passant par les verts, accompagnent cette contagion en intégrant les discours politiques réactionnaires.

Au mois de juin des représentants du PS et d’Europe écologie ont rejoint l’extrême-droite dans un rassemblement de policiers devant l’assemblée nationale où étaient menacés les juges, la France Insoumise et les militants anti-racistes. Quelques semaines avant la manifestation antiparlementaire de l’extrême-droite policière, des officiers de l’armée ont publié un communiqué menaçant, où ils mettaient clairement en garde le pouvoir civil d’une intervention militaire sur le territoire dans une violation totale de la constitution.

La France est rentrée dans une grave crise politique qui ne va pas se résorber d’elle-même.

La classe dirigeante renie de plus en plus les principes démocratiques les plus élémentaires, consciente que la fracture politique entre elle et la population ne peut-être résorbée par le jeu politique traditionnel. Les principes démocratiques tels que la liberté de circuler, de manifester, de critiquer l’État ou le gouvernement dès qu’ils sont le fait de voix de gauche sont devenus des menaces pour la classe dirigeante, désormais seul l’autoritarisme peut lui permettre de maintenir l’ordre social.

Le mouvement des gilets jaunes a démontré qu’une mobilisation de masse peut unir la population dans une condition commune. L’absence de direction politique de ce mouvement l’a empêché de franchir un cap, celui d’entraîner le pays dans une grève générale qui aurait changé bien des choses. À force de répression et d’étiolage dans le temps, les gilets jaunes sont rentrés chez eux, mais ils ont conservé la mémoire et l’expérience politique de leur lutte. Le goût amer de la convention citoyenne pour le climat et autres mascarades macroniennes pour enterrer la lutte est demeuré dans bien des bouches, et le mouvement contre le passe-sanitaire a comme un goût de revanche.

NE PAS PERDRE DE TEMPS

Qu’on se le dise, la crise actuelle n’aboutira jamais à un retour à la normale. Si pour lutter contre un virus il faut placer toute une population sous état d’urgence, qu’en sera-t-il face aux grandes crises écologiques et sociales en cours et à venir ? Les questions politiques posées par le passe-sanitaire sont élémentaires, désormais un outils obligatoire permettra de suivre et d’autoriser ou non nos déplacements, partout et tout le temps. Ce quasi bracelet électronique incarne la perte de protection de l’individu face à l’arbitraire de l’État. Une perte qui s’est déroulée sur deux décennies d’anti-terrorisme, et accélérée depuis 2015.

La lutte contre le passe-sanitaire est une lutte pour la liberté. L’absence de direction progressiste pour ce mouvement serait une profonde erreur, quasi-mortelle pour le camp de la liberté. La nature ayant horreur du vide, l’extrême-droite a pu s’afficher de plus en plus dans les manifestations nantaises. Il faut reprendre la rue des mains des éléments réactionnaires.

Pour cela il faut se mettre d’accord sur des mots d’ordre clairs :

➡️ Retrait du pass sanitaire.

➡️ Fin de l’état d’urgence.

➡️ Retrait des lois sécurité globale et séparatisme.

➡️ Levée des brevets sur les vaccins, et nationalisation du pharmaceutique.

➡️ Véritable plan de redressement du système de santé par l’embauche, la formation à la réanimation, et la gratuité des soins.»

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