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ROUEN : TROIS INFORMATIONS À RETENIR SUR LE SCANDALE LUBRIZOL

septembre 30, 2019

Un incendie révélateur.

1 – A qui appartient l’usine Lubrizol ? Elle est la propriété d’un groupe américain possédé par le milliardaire Warren Buffett. En 2019, la fortune de Warren Buffett est estimée à 82,5 milliards de dollars. C’est le troisième homme le plus riche du monde. A l’heure où l’on nous parle de « petits gestes écologiques » et de « responsabilités individuelles », quelques hommes richissimes tirent d’immenses profits d’usines dangereuses et polluantes, qui menacent des centaines de milliers d’habitants. Les riches empoisonnent la planète et mettent en danger la vie.

« Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner. »

Warren Buffett en 2005.

2 – L’incendie de l’usine de Rouen est une catastrophe écologique, un risque sanitaire pour la population, mais aussi un scandale d’État. Les autorités ont – encore – menti éhontément. Pendant plusieurs jours, ministres et préfet se sont succédé dans les médias pour affirmer qu’il n’y avait « aucun risque », que la fumée était « toxique mais pas trop » alors même qu’il pleuvait des pluies d’hydrocarbure sur toute la région, que des milliers d’habitants de Rouen étaient pris de malaise et que des poissons morts remontaient à la surface.

Alors que les puissants répétaient qu’il n’y avait pas de pollution toxique, les forces de l’ordre étaient équipées de masques à gaz hautement filtrant. Cynisme absolu. A présent, il est établi que des tonnes d’amiante sont parties en fumée, dispersées dans l’air, que des équipements radioactifs étaient présents dans l’usine – ils n’auraient pas pris feu –, et que les cultures sont impropres à la consommation. Le premier ministre promet « toute la transparence ». Comment croire encore un gouvernement de menteurs récidivistes ?

3 – Depuis des années, les libertés fondamentales sont suspendues les unes après les autres au nom du « principe de précaution ». Vidéosurveillance, fichage ADN, interdictions de manifester, arrestations « préventives », lois « antiterroristes ». Le principe de précaution est brandi par les gouvernants pour imposer un État autoritaire : pour la sécurité, on suspend les libertés. Par contre, en cas de catastrophe industrielle, aucun principe de précaution. Le site de Rouen avait déjà connu un incendie le 21 janvier 2013 ayant généré un nuage nauséabond sur toute la région. Un autre départ de feu avait eu lieu le 3 septembre 2019, 3 semaines seulement avant le grand incendie. Aucune mesure n’a été prise. La vie des pauvres ne compte plus vraiment pour les puissants. Le principe de précaution n’est qu’une mascarade pour contrôler toujours plus la population.

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