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UN RAPPORT SCIENTIFIQUE POINTE LES GRAVES DANGERS DU GAZ LACRYMOGENE

juin 27, 2020

La France est une « lacrymocratie »


  • C’est sans doute le pays occidental qui utilise le plus massivement le gaz lacrymogène contre sa population. Les commandes de centaines de milliers de grenades passées par le gouvernement Macron en témoignent. Les décomptes officiels des munitions tirées aussi. Plus de 10 000 grenades tirées rien qu’à Paris le 1er décembre 2018 contre les Gilets Jaunes. 13 000 grenades lacrymogènes tirées en une semaine, au printemps 2018, sur la ZAD. Des milliers de grenades tirées à chaque grosse manifestation à Nantes, Toulouse, Rennes ou Montpellier. Des dizaines à la fête de la musique. Sans parler des tirs dans les quartiers populaires. L’usage est massif, systématique, inconditionnel. Encore assez rare il y a 20 ans c’est devenu un acte automatique. A la moindre tension : une ou plusieurs grenades.
  • Un rapport de la société de toxicologie-chimie de Paris, qui vient de sortir, pointe les dangers du gaz lacrymogène sur la santé. Selon le rapport, les gaz lacrymogènes utilisés par les forces de l’ordre seraient très nocifs. Alors que « la plupart des études sur le sujet sont réservées au domaine militaire », ce rapport d’utilité publique réalisé par Alexander Samuel pointe les dangers de ce gaz. En cause, le cyanure, une molécule toxique pour l’homme. Selon l’étude, les molécules “CS” présentes dans le gaz lacrymogène se métabolisent une fois absorbées par le corps humain en deux molécules de cyanure. Cette absorption se fait notamment par voie respiratoire, mais aussi en grande quantité par voie cutanée.
  • Cette guérilla chimique n’a pas lieu partout au même niveau. Il suffit de regarder les conflits sociaux à l’internationale. Il y a du gaz, certes, mais pas utilisé avec une logique de saturation et de punition comme en France. D’autres moyens sont utilisés pour repousser une foule. Même aux États-Unis, le gaz lacrymogène fait débat, considéré comme chimique et dangereux. En Allemagne comme en Grèce ou en Angleterre, son usage est très limité, et parfois inexistant.
  • Une fois dans le corps, le cyanure peut provoquer des intoxications et des blocages dans la chaîne respiratoire. Il touche le cerveau, le foie, les reins et impact aussi le système nerveux, respiratoire, cardiovasculaire ou les yeux. La molécule peut aussi entraîner des dommages thyroïdiens et gastro-intestinaux, avec des vomissements et des diarrhées. Les conséquences sur le corps peuvent être multiples en fonction des organes touchés : cataracte, maux de tête, étourdissement, paralysie, tachycardie, hyperventilation… Et cela sans compter sur les dommages environnementaux importants, eux aussi.
  • Le gaz lacrymogène tue. Des grenades françaises tirées dans des maisons ont tué des opposants au Bahreïn. Du gaz concentré a tué en Palestine ou au Caire. Récemment, une étudiante américaine est morte de complications pulmonaires après y avoir été exposée. C’est tout sauf un produit anodin. Mais en France, c’est un secret d’État. Il ne fait pas admettre que la police porte atteinte la santé de centaines de milliers de personnes chaque année.
  • Ce premier rapport est une étape, mais il vient briser l’omerta gouvernementale autour de l’usage immodéré de produits chimiques toxiques contre toute déviance ou opposition au pouvoir en place.

Pour les plus interressé.es et/ou courageux , 126 pages de chimie , médecine et même d’Histoire !


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