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VENTES D’ARMES AU YEMEN : COMPLICITÉ DE CRIMES DE GUERRE ET MENSONGES D’ÉTAT

septembre 4, 2019

La France est le troisième pays exportateur d’armes du monde

C’est un pays aride et pauvre, au sud de la péninsule arabique. Depuis 5 ans, la guerre fait rage : l’Arabie Saoudite fait régner la mort sur le Yemen, par un déluge de feu et des technologies de pointe. Sanaa, la capitale, joyau architectural millénaire, est sous les bombes. Écoles éventrées, enfants squelettiques, exode et maladie. Les conséquences de cette guerre asymétrique sont catastrophiques : des dizaines de milliers de morts, et l’une des plus grandes crises humanitaires du siècle. 7 millions de personnes au bord de la famine, 1 million touchées par le choléra.

COMPLICITÉ DE CRIMES

Les armes qui tuent au Yemen sont, pour beaucoup, fabriquées en France, mais aussi aux USA et en Angleterre. Un groupe d’experts de l’ONU sur le Yémen rapporte aujourd’hui une « multitude de crimes de guerre » commis depuis le début du conflit. Et évoque la responsabilité dans cette situation des «Etats tiers», comme la France. Le pays des droits de l’Homme est directement cité dans le rapport : comme un «soutien logistique» permettant le «transfert d’armes» vers l’Arabie Saoudite et les Émirats. Une façon police de dire que la France vend pour des sommes colossales, des engins dévastateurs utilisés par la pétromonarchie. Des ventes considérées comme illégales par l’ONU, et susceptibles d’êtres poursuivies. La France est complice de crimes de guerre. Les experts des Nations Unies demandent «instamment aux autres États de s’abstenir de fournir des armes susceptibles d’être utilisées dans le conflit».

VENTES D’ARMES

Les exportations d’armes par la France ont bondi de 30% en 2018, avec 9,1 milliards d’euros de ventes, se félicitent certains médias. Les principaux pays destinataires : le Qatar, la Belgique et l’Arabie saoudite, selon un rapport officiel. Le Moyen-Orient représente la moitié des ventes.

La France est donc sur le podium des plus grands marchands de canons du monde : troisième exportateur d’armement, derrière les États-Unis et la Russie. L’Hexagone a toujours figuré depuis les années 1950 parmi les cinq premiers vendeurs mondiaux d’armes. Depuis trois ans, les usines françaises ont fourni chaque année pour 7 milliards d’euros d’armes par ans. Les ministres des armées sont devenus les VRP des grandes fabricants d’armes. Ils sillonnent le monde en avion pour aller vanter les mérites des bombes françaises, et se montrent dans les médias lorsqu’ils reviennent d’un dictature quelconque avec de gros chèques entre les mains.

La ministre des armées Macron justifie cette vente de mort par un argument comptable : « aujourd’hui, 13 % des emplois industriels sont dans le secteur de l’armement ». En 2015, le précédent ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, trépignait d’avoir «réalisé le chiffre historique de 17 milliards d’euros d’exportations».

Il faut rappeler que la France ne vent pas que des armes militaires : elle exporte aussi son arsenal de maintien de l’ordre, de l’Afrique à l’Amérique Latine jusqu’au proche Orient : grenades, lanceurs de balles, engins de surveillance et formations diverses. La vente de canons à eau à Hong Kong en est la dernière illustration.

MENSONGES D’ÉTAT

Le 3 octobre 2018, une note classée « confidentiel défense » de la direction du renseignement militaire destinée aux autorités était mise à jour par des journalistes indépendants. Elle faisait voler en éclat la version officielle, selon laquelle les équipements militaires français ne seraient «pas utilisés contre des populations civiles» au Yémen.

Le 12 octobre 2018, le président Emmanuel Macron affirmait avoir eu la garantie que la France «ne fait pas partie des fournisseurs de l’Arabie saoudite sur le conflit au Yémen». En février 2019, Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, faisait cette déclaration à l’Assemblée nationale : «nous ne fournissons rien à l’armée de l’air saoudienne». Florence Parly, ministre des Armées, assurait le 20 janvier 2019 sur France Inter : «je n’ai pas connaissance du fait que des armes [françaises] soient utilisées directement au Yémen […] Nous n’avons, récemment, vendu aucune arme qui puisse être utilisée dans le cadre du conflit yéménite.»

Pourtant, il est écrit noir sur blanc dans cette note interne aux autorités que des avions de combat Mirage 2000-9 opèrent au Yémen pour les forces émiriennes et que la France a fourni à l’Arabie Saoudite un système de téléguidage laser de bombes, embarqué sur les avions de combat. Le document prouve que les autorités françaises savent où, quand et comment les armes françaises sont utilisées, y compris contre les populations civiles. La réponse du gouvernement ? Envoyer les services secrets auditionner journalistes responsables de la fuite.

Mensonge d’État, ventes d’armes, complicité de crime : l’industrie militaire française sème la mort aux quatre coins du monde.

Et le gouvernement Macron a du sang sur les mains.


La preuve en chiffres

Source : Disclose

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accumsan lectus Praesent Sed velit, risus venenatis, efficitur.